lulusceno

decor et costume pour le theatre

17 octobre 2006

Publication Août 2006

extrait de l' article:

"Depuis 1952, le théâtre itinérant La Roulotte, fondé par le tonitruant Paul Buissonneau, se balade à travers les parcs de Montréal pour régaler les petits citadins et leurs parents de spectacles remplis d’ingéniosité tout en les initiant à l’art théâtral. Depuis maintenant quelques années, les productions de La Roulotte sont réalisées par la Ville de Montréal en collaboration avec l’École nationale de théâtre du Canada et le Conservatoire d’art dramatique de Montréal. Chaque été, ce sont donc ces deux écoles qui alimentent la Roulotte en comédiens et concepteurs fraîchement diplômés.

«J’aime ça le théâtre ambulant», déclare d’entrée de jeu Lucile Denys, scénographe finissante de l’École nationale de théâtre et conceptrice des décors pour ce voyage en Roulotte au pays des merveilles. «C’est une autre expérience, ça nous permet de sortir un peu des salles de théâtre. Et je trouvais ça un beau projet, Alice au pays des merveilles».

À la conquête du pays des merveilles

Quand Lucile Denys grimpe à bord de la Roulotte, en compagnie de ses confrères et consoeur Marcin Bunar, Patrice Charbonneau-Brunelle, Claudia Couture et Xavier Dupont à la conception et à la production, de même que des comédiens Sarianne Cormier, Alexandre Daneau, Valérie Deault, Josianne Dicaire et Philippe Robert, le metteur en scène Hugo Bélanger a déjà sélectionné les moments du récit de Lewis Carroll à conserver pour le spectacle – parce qu’on ne peut malheureusement pas tout garder de cette œuvre dense et surpeuplée dans un spectacle de 45 minutes! Les personnages les plus connus, comme le Lapin Blanc, le Chapelier fou, le Loir, les jumeaux Tweedle-Dum et Tweedle-Dee et le Chat au sourire énigmatique sont bien entendu du voyage, certains en chair et en os, d’autres sous forme de… marionnettes. Il ne restait plus, alors, qu’à créer un univers digne des aventures de l’intrépide Alice.

Au début du projet, les concepteurs et le metteur en scène se rencontraient chaque semaine pour cuisiner en commun un univers visuel. «C’est comme un pain de fusion d’idées», lance Lucile Denys. Au niveau des costumes, le concepteur Patrice Charbonneau-Brunelle faisait face au défi de sortir du déjà vu, de l’image envahissante de l’Alice blonde à la robe bleue diffusée par Walt Disney. Défi relevé: c’est une jeune fille brune à la robe rouge vif qui gambadera tout l’été sur la scène de La Roulotte. Au niveau des décors, cependant, le défi était bien différent. Puisque ce sont les comédiens qui, à chaque représentation, sont chargés d’installer le décor, il devait être facile à monter et rapidement démontable… ce qui représente aussi un avantage en cas de pluie!

«Mon but, c’était aussi de cacher la Roulotte, explique Lucile Denys. Et puis il y avait aussi l’image de la Reine de cœur qui à la fin prenait une grande importance. On voulait à la fin qu’elle arrive et qu’elle prenne toute la place qu’elle avait à prendre, par le décor et les costumes. En fait, c’est le décor qui devient costume. Le rideau de scène devient la robe de la reine». Autres éléments de décor: trois rideaux verts suspendus à une corde à linge. «Tous ces éléments se transforment, révèle Lucile Denys. Ça devient la chute d’Alice, ça devient une nappe. La porte devient un radeau. Tous les éléments peuvent se transformer pour revenir à l’image de départ: c’est Alice qui a puisé dans son imaginaire pour créer un monde fantastique et puis en fait elle est dans son jardin.»

Une escapade pour tous

Les aventures d’Alice proposées par les forains de La Roulotte regorgent de personnages attachants pour les enfants… et de références connues des adultes. «La reine de cœur, c’est quand même une image assez imposante qui fait référence à l’institutrice, à la mère, à la reine d’Angleterre, souligne Lucile Denys. C’est un spectacle pour enfants parce qu’il y a des marionnettes, mais c’est un spectacle pour adultes parce qu’il y a des petites références, du second degré, du troisième degré. C’est ciblé pour les enfants mais il y a aussi des adultes et puis ils ne vont pas s’ennuyer.»

Selon la conceptrice, cette production d’Alice au pays des merveilles, au-delà d’un hommage à l’imagination, livre un énergique éloge du ludique, de l’art «de faire comprendre en peu de temps l’élément essentiel de chaque scène». «Et puis de faire plaisir aux enfants aussi. C’est un spectacle gratuit, on se doit qu’il soit plaisant et de bonne qualité.»

Au moment de son entrée à l’École nationale de théâtre, Lucile Denys était davantage attirée par la conception des décors, elle qui avait déjà obtenu, en France, un diplôme en architecture intérieure. Mais elle découvre l’univers du costume en cours de formation. «Il y a tellement de choses à explorer, tant au niveau des costumes que du décor, que je me laisse l’opportunité de faire les deux et puis on verra». Le prochain projet sur lequel elle travaillera, To the Green Fields Beyond, mis en scène par Gabrielle Soskin au Bain Saint-Michel, fera d’ailleurs appel à ses talents de conceptrice de costumes.

Mais en attendant, quand elle voit les enfants se précipiter pour parler à Alice à la fin des représentations de cette 54ème saison de La Roulotte, Lucile Denys se dit mission accomplie. «Ça nous fait plaisir, ça veut dire qu’on a fait notre job comme il fallait, et puis on est contents». "

Alice au pays des merveilles

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